L’urophilie : le fantasme doré

Une pratique pas si marginale

Dans Mort à crédit, l’écrivain Céline, évoquait déjà ce fantasme en mentionnant des hommes qui laissaient imbiber des morceaux de pain toute la journée dans les pissotières publiques, avant de s’en délecter. Ce fantasme ne date pas des révolutions en tout genre, nées au cours des années 70.

Les fantasmes autour de l’urine sont nombreux et s’assouvissent de différentes manières, aussi bien chez les hommes que chez les femmes. Qu’on joue avec, qu’on la boive, qu’on s’en serve pour imbiber nos vêtements (ou de la nourriture), s’arroser, on peut y trouver un réel plaisir sexuel. Souvent taxée comme une pratique déviante, marginale, pointée du doigt, elle diffère des pratiques sexuelles plus courantes, dites normales.

Contrairement à ce que l’on peut croire, ce fantasme autour de l’urine trouve de nombreux adeptes. En témoignent les sites et forums dédiés à cet effet (qui sont majoritairement gays). Les rencontres s’articulent entre les principes des donneurs et des receveurs.

Au-delà de ces sites, des clubs proposent des soirées autour du thème, comme en témoigne l’article de Rue89Lyon : «  Les sexclubs de Lyon, d’Hambourg, de Barcelone ou d’ailleurs, adeptes de soirées à thème et soucieux de nos envies, proposent souvent une soirée uro hebdomadaire ou mensuelle, avec promo sur la bière. Sur place, on y trouvera des urinoirs sans tuyauterie (à vous de jouer le siphon) ou des pissotières reliées à une seule évacuation, au sous-sol, qui se termine en pommeau de douche (à vous de jouer à douche-pipi). À Lyon, le Men Club (2 rue d’Herbouville-Lyon 4) propose ainsi des week-ends «fist-uro» tous les mois. « .

Côté santé, est-ce que ça craint ?

L’urophilie présente peu de risques. Elle est naturellement stérile, sauf en cas d’infections ou d’IST. Dans ce cas, il vaut mieux être vigilant ! Il est généralement déconseillé d’avaler l’urine. Si le ou la partenaire a une infection urinaire ou une IST, il est possible de trouver dans les urines des traces de sang. Cette même présence d’un liquide sanguin peut, si le partenaire en est infecté, transmettre le VIH.

Si vous tenez, tout de même, à boire les urines, il faut être informé sur leur état. Votre partenaire ne doit pas avoir d’infection urinaire (croyez nous, c’est toujours mieux !). Boire beaucoup d’eau avant le rapport est nécessaire. Cela permet d’éliminer; le plus possible, les potentielles germes qui y sont présentes. Il est recommandé d’éviter de prendre des médicaments et même des vitamines, 48h avant le rapport. Les échanges sont meilleurs quand ils sont spontanés, on est bien d’accord… mais ce serait dommage de prendre des risques inutiles.

Divers désirs liés à l’urophilie

On retrouve souvent l’urophilie chez ceux qui pratiquent le BDSM. Elle est réalisée comme un jeu entre la personne soumise et dominante. On remarque une difficulté plus présente du côté des femmes, qui n’osent pas tout de suite adopter cette posture, qualifiée d’humiliante. Elles ne refusent cependant pas d’être en position de receveuse. De manière générale, cette pratique semble éveiller le côté animal qui dort en chacun de nous. Mais peut également être reçue comme une offrande pour qui accepte de la réaliser.

Objet de plaisir recense plusieurs témoignages : » Ce qui m’attirait dans l’uro, c’était l’idée d’érotiser le dégoût, une manière de dépasser des limites. Cet homme était expérimenté sur cette pratique et me l’a fait vivre en receveuse (il est donneur et receveur, mais moi je bloquais sur le fait d’être donneuse). Avant le passage à l’acte, j’étais excitée à l’idée de souillure et aussi à l’idée d’être mise en posture de soumise (que je n’avais jamais vécue). J’ai été surprise de découvrir à quel point c’est sensuel et intime, et au final pas du tout dégoûtant. J’ai eu la sensation d’être inondée, enveloppée, envahie de sa chaude intimité et je me suis vraiment sentie entraînée dans une autre dimension très animale. Et j’ai adoré ça. Je pense aussi que la qualité de cette expérience très positive tient à la manière dont cet homme pratiquait l’urophilie, avec attention, respect et surtout beaucoup de sensualité. « . 

Elle fait partie des pratiques qui, comme la fessée, ne font pas jouir. Son plaisir relève plus de l’ordre du psychologique que physique. Si cette fameuse douche dorée vous attire, l’essentiel, comme pour tout, est de la vivre en toute confiance et sérénité avec son partenaire !

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